Notre raison d’être

Ce qui nous anime

Nous, citoyens et citoyennes, estimons qu’aujourd’hui, le cadre politique ne nous permet pas de participer aux décisions qui nous concernent. À notre sens, le système représentatif* a atteint ses limites. Manque de transparence des décisions, concentration du pouvoir entre les mains de certains, violence du débat politique, exclusion de nombreuses personnes du débat public, conduisent un nombre croissant de personnes à s’investir dans d’autres formes d’engagement politique et à se désintéresser de la vie politique telle qu’elle est organisée aujourd’hui.

Face aux dénis démocratiques, aux risques de gestion autoritaire des affaires publiques et d’accroissement des inégalités, nous souhaitons construire des villes ressources garantes des libertés et des droits de chacun·e, où se fabriquent des utopies et les rêves de demain.

Ce qui nous rassemble

Nous, habitantes et habitants de ce territoire, souhaitons nous rassembler dans la visée des élections municipales et les désignations indirectes pour l’échelon métropolitain en 2026*. Notre collectif est d’inspiration municipaliste*.


Ce qui est fait sans nous est fait contre nous » est un principe directeur qui impose à notre collectif de ne pas déposséder les habitants et habitantes des actions qu’iels mènent déjà ou qu’ielles pourraient mener (principe de subsidiarité) et ce, afin de tenter d’annihiler les processus de marginalisation et de domination. Notre vision du municipalisme est de développer l’auto-organisation des habitant.es  sur toutes les problématiques qui les concernent directement ou indirectement et d’assurer et de renforcer les libertés associatives.

Nous choisissons d’avoir une approche métropolitaine (et non pas seulement au niveau des communes) car c’est l’échelle du bassin de vie des habitantes et habitants. L’échelon métropolitain*, qui dispose de nombreuses compétences fondamentales pour la vie du territoire, n’est pas organisé de manière démocratique.

Ce groupe est à son lancement constitué d’un mélange de citoyennes et citoyens non engagés dans leur commune et d’autres déjà engagés dans la vie locale. Ni pour ni contre les élu·es en place dans les communes, nous veillerons à organiser la dynamique loin du jeu politicien pour préserver les réflexions des enjeux de partis politiques, de carrière ou de clientélisme. Nous recherchons un renouvellement politique permettant de repartager le pouvoir et de faire émerger de nouvelles voix.

Ce que nous souhaitons

Nous souhaitons agir pour répondre à nos besoins fondamentaux : dignité et respect de l’identité de chacun et chacune, accès à l’eau, à un logement décent, à une alimentation locale et de qualité, mobilité, sécurité pour tous et toutes… en prenant en compte les enjeux de justice sociale (accès aux droits, émancipation, lutte contre la corruption) et d’urgence écologique*. Ces besoins fondamentaux sont/seront complétés par des besoins spécifiques identifiés avec les habitant.es et usager.es (associations, entreprises, collectifs) du territoire.

Cela doit nécessairement passer par la défense des services publics et par leur renforcement. 

De nombreuses initiatives citoyennes et collectives sont déjà à l’œuvre dans le territoire, riche de sa multiculturalité et de la multiplicité des initiatives qui en sont issues.  Nous souhaitons travailler en collaboration avec des collectifs qui prennent en compte la diversité des vécus : personnes vivant dans les quartiers populaires, personnes vivant dans les territoires ruraux…

Nous sommes rassemblées autour d’une vision radicale d’égalité* entre toutes et tous par la lutte contre toutes les formes de dominations systémiques*. C’est la colonne vertébrale qui est au cœur de notre vision politique. Nos assemblées sont ainsi animées pour garantir la place de chacune et chacun, de manière horizontale et efficace, pour agir sur les rapports de pouvoir*. Notre mouvement souhaite s’inscrire dans l’éducation populaire pour donner les capacités à tous et toutes de s’impliquer.

Cette vision s’incarne en premier lieu par l’exemplarité au sein du collectif. Ayant conscience des risques de conflit interne, de burn out militant, et d’exposition dans le cadre d’un engagement politique, nous veillerons à donner de la force et du soin à chaque membre du collectif. Nous ne souhaitons pas seulement que les citoyens et citoyennes soient consultées, mais bien qu’ils et elles décident avec les élu.es et agent.es du territoire* sur les enjeux principaux qui les concernent par la démocratie directe.


Un pied dedans, mille pieds dehors”, l’engagement du collectif n’a pas seulement une vocation électorale mais souhaite changer plus globalement l’implication des habitants et habitantes dans la vie locale. Nous souhaitons nous investir sur notre territoire au-delà des municipales de 2026 à moyen et long terme. Grenoble Alpes Collectif s’organise donc de manière confédérale* au niveau métropolitain dans le respect de la liberté des collectifs municipaux avec un but de partage d’expérience, de solidarité et d’animation du réseau.

Cette approche municipaliste a déjà porté ses fruits dans d’autres villes de France comme à Poitiers où une Assemblée Citoyenne et Populaire* a été mise en place et permet à des citoyens et citoyennes tirées au sort, des agents et des élu.es de prendre ensemble des décisions. Ce type d’expérimentation est une lueur d’espoir pour des villes plus solidaires, démocratiques et ouvertes à tous et toutes.

La dynamique que nous proposons est ouverte à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans ces lignes, bienvenue !


∗ Lexique

  • Échelon métropolitain : En France, une métropole est une structure intercommunale qui regroupe plusieurs communes autour d’une ville centrale, dans le but de coordonner le développement économique, l’aménagement du territoire, et la gestion des services publics à une échelle plus large. Il y a une répartition des compétences entre les communes et la Métropole.Grenoble Alpes Métropole regroupe 49 communes dont Grenoble.

  • Système représentatif : Un système représentatif désigne un cadre politique dans lequel les citoyens exercent leur souveraineté en élisant des représentants pour prendre des décisions en leur nom. La France, sous la Vème République s’organise autour d’un système représentatif (Assemblée Nationale, Sénat,…).

  • Mouvement municipaliste : Le mouvement municipaliste désigne une pensée qui prône une gestion locale plus démocratique, participative et autonome des affaires publiques. Ce mouvement cherche à revitaliser le rôle des communes en tant qu’acteurs clés de la gouvernance et de l’organisation sociale.

  • Élection 2026 : En 2026, les français et françaises éliront les conseillers et conseillères municipales des différentes communes du territoire. Dans certaines d’entre elles, dont les 49 communes de Grenoble Alpes Métropole, certain.es de ces conseillers municipaux (à la proportionnelle de la taille des villes) seront aussi nommés conseillers métropolitains. A la suite des élections municipales dans les 49 communes de la métropole, les conseillers métropolitains éliront, dans une élection indirecte, le président ou la présidente de la métropole et les vice-président.es.

  • Urgence écologique : L’urgence écologique désigne la situation critique dans laquelle nous sommes, où les systèmes environnementaux subissent des pressions intenses et rapides, menaçant la santé des écosystèmes, la biodiversité, et le bien-être des sociétés humaines. Ce concept souligne l’importance de prendre des mesures immédiates pour faire face à des défis environnementaux graves.

  • Dominations systémiques : Ensemble des discriminations vécues par des personnes minorisées de manière récurrente et ancrées historiquement, au niveau individuel mais aussi interpersonnel, institutionnel et structurel, basées sur : l’apparence physique, l’âge, l’état de santé, l’appartenance ou non à une prétendue race, l’appartenance ou non à une nation, le sexe, l’identité de genre, l’orientation sexuelle, la grossesse, le handicap, l’origine, la religion, la domiciliation bancaire, les opinions politiques, les opinions philosophiques, la situation de famille, les caractéristiques génétiques, les mœurs, le patronyme, les activités syndicales, le lieu de résidence, l’appartenance ou non à une ethnie, la perte d’autonomie, la capacité à s’exprimer dans une langue étrangère et la vulnérabilité résultant de sa situation économique.

  • Confédéral : Le terme « confédéral » se réfère à un système d’organisation politique dans lequel plusieurs entités (comme des États ou des régions) s’unissent pour former une confédération tout en conservant une certaine autonomie. Dans ce type de structure, les pouvoirs sont principalement dévolus aux entités membres, tandis que la confédération exerce des compétences limitées, souvent liées à des domaines d’intérêt commun.

  • Rapports de pouvoir : Un rapport de pouvoir désigne la dynamique d’influence, de domination ou de contrôle entre différents acteurs, que ce soit dans un contexte social, politique, économique ou organisationnel. 

  • Éducation populaire : L’éducation populaire désigne un ensemble de pratiques éducatives qui visent à favoriser l’émancipation, la réflexion critique et la participation active des citoyens et citoyennes dans la société. Elle s’inscrit dans une démarche d’apprentissage informelle et collective, souvent en dehors des structures scolaires traditionnelles.

  • Elu.es et agent.es du territoire : Les élu.e.s représentent les citoyens et citoyennes au sein des institutions de la collectivité (communes, départements, régions). Ils prennent des décisions en leur nom. Les agent.e.s, qui sont des fonctionnaires ou des agents contractuels, mettent en œuvre les décisions prises par les élu.e.s. Ils assurent le fonctionnement quotidien des services publics locaux.