Même si nous sommes solidaires face au mal être de certains fonctionnaires de police (manque de reconnaissance, manque de moyens, cadence,…), nous sommes alarmés par la récupération politique de ces mécontentements par un syndicat de police d’extrême droite et des partis politiques du même bord.
Le Grenoble Alpes Collectif est inquiet de voir un candidat à la municipalité, soit disant républicain, Alain Carignon, s’associer à un syndicat de police d’extrême droite, le syndicat Alliance. Nous trouvons grave que ce syndicat utilise l’élection municipale en organisant un rassemblement dans 24 villes de France dont Grenoble pour promouvoir parmi ses revendications l’idée d’une “présomption d’innocence pour tous les policiers”. Cette formulation est mensongère car elle vise à étouffer la visibilisation des violences policières quand, dans le même temps, le collectif Désarmons-les recense déjà 4 personnes tuées par la police depuis début 2026. Ces violences policières ont conduit à la condamnation de l’Etat français à plusieurs reprises par les organisations internationales. Contre un permis de tuer pour la police et une vision liberticide de la sécurité, nous défendons l’idée d’une police de proximité, redevable de ses actions, au service de la population avec de meilleures conditions de travail.
Cette vision de la sécurité que porte Alain Carignon, nous la combattons car elle se base sur un armement massif de la police et une politique de surveillance généralisée délétère. Ce sont des solutions populistes qui ne résolvent en rien les besoins de sécurité de la population comme le démontrent toutes les études sur ce sujet. Des solutions pragmatiques existent qui ne reposent pas sur le contrôle de tous et toutes et l’utilisation à outrance de nouvelles technologies comme les outils de Capgemini utilisés par la police de l’immigration américaine, ou l’utilisation de l’IA par A. Carignon et H.Gerbi.
Au Grenoble Alpes Collectif, nous défendons l’idée d’une veille sécurité citoyens et policiers, comme espaces de dialogue par quartier entre habitants, police et professionnel⸱les pour identifier les enjeux de sécurité et co-construire des solutions adaptées avec la mairie et la préfecture. L’idée est pour nous que les habitants et habitantes soient partie prenantes des réflexions et que la police soit ancrée dans les réalités de chaque quartier. Nous défendons aussi les moyens humains plutôt que le recours à des technologies comme l’IA dont le manque d’utilité sociale, de transparence démocratique, sa dangerosité, et son impact écologique catastrophique vont à l’encontre de la société à laquelle nous aspirons.
Le Grenoble Alpes Collectif s’inquiète, par ailleurs, face à la dérive de l’Etat de droit et le devoir de neutralité bafoué quand on voit certains policiers s’allier avec des partis politiques de droite radicale et extrême droite. Cela nous alerte d’autant plus lorsque le procureur de la République prend position sur un sujet de campagne municipale (caméras de surveillance) en faveur d’une mesure proposée par un des candidats au mépris de la séparation des pouvoirs et des principes républicains.
Pour défendre nos libertés, nous soutenons le contre rassemblement qui a lieu ce samedi à 10h30 à l’appel de divers organisations de gauche.
Le Grenoble Alpes Collectif
Relations Presse : Pierre Tonnerre – 07 77 34 95 52
