Résumé de la raison d’être : Le Grenoble Alpes Collectif est une plateforme communaliste, c’est-à-dire un espace d’auto-organisation des habitants et habitantes pour répondre à leurs besoins fondamentaux. Nous nous organisons autour d’un média et d’un espace de soutien aux luttes locales dans une perspective de démocratie directe.
Ce qui nous pousse à nous rassembler
Nous, citoyens et citoyennes, estimons qu’aujourd’hui, le cadre politique ne nous permet pas de participer aux décisions qui nous concernent. À notre sens, le système représentatif* a atteint ses limites. Manque de transparence des décisions, concentration du pouvoir entre les mains de certains, violence du débat politique, exclusion de nombreuses personnes du débat public, conduisent un nombre croissant de personnes à s’investir dans d’autres formes d’engagement politique et à se désintéresser de la vie politique telle qu’elle est organisée aujourd’hui.
Face aux dénis démocratiques, aux risques de gestion autoritaire des affaires publiques et d’accroissement des inégalités, nous souhaitons construire des villes ressources garantes des libertés et des droits de chacun·e, où se fabriquent des utopies et les rêves de demain.
Les valeurs qu’on défend
Le Grenoble Alpes Collectif est une plateforme communaliste, c’est à dire une initiative politique et sociale visant à organiser localement et de manière
coopérative la réponse aux besoins fondamentaux des habitant·es de la
commune (alimentation, logement, eau, etc.). Nous entendons ainsi instaurer un véritable double pouvoir populaire, capable de s’affirmer en toute autonomie face aux institutions du système représentatif.
Notre vision du municipalisme est de développer l’auto-organisation des habitant.es sur toutes les problématiques qui les concernent directement ou indirectement et d’assurer et de renforcer les libertés associatives. Cela passe donc notamment par la mise en place d’assemblées citoyennes décisionnaires. Nous ne souhaitons pas seulement que les citoyens et citoyennes soient consultées, mais bien qu’ils et elles décident avec les élu.es et agent.es du territoire* sur les enjeux principaux qui les concernent par la démocratie directe.
Nous souhaitons agir pour répondre à nos besoins fondamentaux : dignité et respect de l’identité de chacun et chacune, accès à l’eau, à un logement décent, à une alimentation locale et de qualité, mobilité, sécurité pour tous et toutes… en prenant en compte les enjeux de justice sociale (accès aux droits, émancipation, lutte contre la corruption) et d’urgence écologique*. Ces besoins fondamentaux sont/seront complétés par des besoins spécifiques identifiés avec les habitant.es et usager.es (associations, coopératives, collectifs) du territoire.
Pour répondre à ces besoins fondamentaux, cela passe nécessairement par la défense des services publics et par leur renforcement avec les habitants et habitantes directement impliqués dans leur gestion.
Face à une écologie punitive qui touche davantage les plus pauvres, nous défendons une écologie populaire et sociale qui souhaite partir des réalités des plus précaires pour construire des réponses politiques qui ciblent davantage les véritables responsables du changement climatique : les plus riches et le système capitaliste qu’ils défendent.
Nous pensons le GAC comme un maillon d’un archipel de résistances face au fascisme et au racisme. De nombreuses initiatives citoyennes et collectives sont déjà à l’œuvre dans le territoire, riche de sa multiculturalité et de la multiplicité des initiatives qui en sont issues. Pour cela, nous souhaitons travailler en collaboration avec des collectifs qui prennent en compte la diversité des vécus : personnes vivant dans les quartiers populaires, personnes vivant dans les territoires ruraux…
Nous sommes rassemblées autour d’une vision radicale d’égalité* entre toutes et tous par la lutte contre toutes les formes de dominations systémiques*. C’est la colonne vertébrale qui est au cœur de notre vision politique, féministe et antiraciste. Nos assemblées sont ainsi animées pour garantir la place de chacune et chacun, de manière horizontale et efficace, pour agir sur les rapports de pouvoir*. Notre mouvement souhaite s’inscrire dans l’éducation populaire pour donner les capacités à tous et toutes de s’impliquer.
Conscient.es que la société est encore organisée autour de classes sociales hiérarchisées, notre projet politique vise à leur abolition.
Nous portons une ambition révolutionnaire, entendue comme une transformation profonde de notre modèle de société, de ses institutions et des rapports de pouvoir. Cette révolution ne repose pas sur la violence, mais sur la construction d’alternatives concrètes. Nous voulons développer, à l’échelle locale, des espaces d’auto-organisation, d’émancipation et de décision collective qui permettent aux citoyennes et citoyens d’agir sans attendre les institutions. En renforçant l’autonomie des territoires et en luttant contre toutes les formes de domination, nous faisons émerger, par l’expérimentation et l’action collective, les fondements d’une société plus démocratique, plus juste et plus solidaire.
Comment on s’organise
“Un pied dedans, mille pieds dehors”, le collectif souhaite changer radicalement l’implication des habitants et habitantes dans la vie locale. “Ce qui est fait sans nous est fait contre nous » est un principe directeur qui impose à notre collectif de ne pas déposséder les habitants et habitantes des actions qu’iels mènent déjà ou qu’ielles pourraient mener (principe de subsidiarité) et ce, afin de lutter contre les processus de marginalisation et de domination. Nous souhaitons donc venir ajouter nos actions à l’existant sans le remplacer. L’objectif est de nous organiser de manière démocratique pour défendre dans la pratique la cohérence avec les idées défendues.
Nous nous organisons pour cela autour de trois dimensions :
- Faire des habitants et habitantes les acteurs clés de la politique locale
( au sens de l’organisation collective de la cité).
Pour cela nous souhaitons soutenir les organisations ou regroupements d’habitant.es dans la mobilisation des dispositifs de démocratie participative et directe les plus pertinents pour atteindre les objectifs recherchés. - Un média au service des luttes locales.
Nous souhaitons faire du Grenoble Alpes Collectif un média au service des luttes locales et de la vulgarisation des idées communalistes. - Des formations internes pour s’outiller collectivement et se partager les savoirs existants.
Ayant conscience des risques de conflit interne et de burn out militant, nous veillerons à donner de la force et du soin à chaque membre du collectif.
Grenoble Alpes Collectif souhaite plus largement s’inscrire dans une dynamique confédérale* au niveau national avec d’autres organisations municipalistes/communalistes dans le respect de la liberté des collectifs municipaux avec un but de partage d’expérience, de solidarité et d’animation du réseau. Cette approche municipaliste a déjà porté ses fruits dans d’autres villes de France comme à Poitiers où une Assemblée Citoyenne et Populaire* a été mise en place et permet à des citoyens et citoyennes tirées au sort, des agents et des élu.es de prendre ensemble des décisions. Ce type d’expérimentation est une lueur d’espoir pour des villes plus solidaires, démocratiques et ouvertes à tous et toutes.
Le Grenoble Alpes Collectif ne présentera pas de candidat.e aux élections européennes, présidentielles, législatives, départementales ou régionales. Il pourra cependant se mobiliser dans le cadre d’élections, en complément des actions prioritaires identifiées ci-dessus notamment pour faire front contre la menace fasciste avec les outils de l’éducation populaire (animation d’assemblées post manifs, groupes de parole…).
La société qu’on souhaite contribuer à construire
L’aboutissement de notre projet, c’est une société où la commune devient la cellule de base de la démocratie : un espace de décision collective et de soutien mutuel qui assure à toutes et tous un accès inconditionnel aux ressources vitales.
Dans cette société communaliste, le logement est un bien commun géré par l’assemblée, garantissant à chaque foyer un lieu de vie sain, digne et adapté à ses besoins. L’alimentation de qualité est devenue un droit fondamental et un service public communal accessible à chaque famille.
La solidarité n’est plus une aide d’urgence mais l’infrastructure même de notre économie : les ressources essentielles — l’eau, l’alimentation, le logement, l’énergie, les soins — sont retirées du marché pour être pilotées par nos assemblées. En reprenant collectivement le contrôle sur ces besoins vitaux, nous fondons une société de la dignité matérielle où chacun·e, débarrassé de l’incertitude, dispose enfin de la force et du temps pour prendre part à la construction d’un destin commun.
La dynamique que nous proposons est ouverte à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans ces lignes, bienvenue !
Lexique
- Système représentatif : Un système représentatif désigne un cadre politique dans lequel les citoyens exercent leur souveraineté en élisant des représentants pour prendre des décisions en leur nom. La France, sous la Vème République s’organise autour d’un système représentatif (Assemblée Nationale, Sénat,…).
- Mouvement municipaliste : Le mouvement municipaliste désigne une pensée qui prône une gestion locale plus démocratique, participative et autonome des affaires publiques. Ce mouvement cherche à revitaliser le rôle des communes en tant qu’acteurs clés de la gouvernance et de l’organisation sociale.
- Urgence écologique : L’urgence écologique désigne la situation critique dans laquelle nous sommes, où les systèmes environnementaux subissent des pressions intenses et rapides, menaçant la santé des écosystèmes, la biodiversité, et le bien-être des sociétés humaines. Ce concept souligne l’importance de prendre des mesures immédiates pour faire face à des défis environnementaux graves.
- Dominations systémiques : Ensemble des discriminations vécues par des personnes minorisées de manière récurrente et ancrées historiquement, au niveau individuel mais aussi interpersonnel, institutionnel et structurel, basées sur : l’apparence physique, l’âge, l’état de santé, l’appartenance ou non à une prétendue race, l’appartenance ou non à une nation, le sexe, l’identité de genre, l’orientation sexuelle, la grossesse, le handicap, l’origine, la religion, la domiciliation bancaire, les opinions politiques, les opinions philosophiques, la situation de famille, les caractéristiques génétiques, les mœurs, le patronyme, les activités syndicales, le lieu de résidence, l’appartenance ou non à une ethnie, la perte d’autonomie, la capacité à s’exprimer dans une langue étrangère et la vulnérabilité résultant de sa situation économique.
- Confédéral : Le terme « confédéral » se réfère à un système d’organisation politique dans lequel plusieurs entités (comme des États ou des régions) s’unissent pour former une confédération tout en conservant une certaine autonomie. Dans ce type de structure, les pouvoirs sont principalement dévolus aux entités membres, tandis que la confédération exerce des compétences limitées, souvent liées à des domaines d’intérêt commun.
- Assemblée citoyenne et populaire de Poitiers : https://www.poitiers.fr/lassemblee-citoyenne-et-populaire-quest-ce-que-cest
- Rapports de pouvoir : Un rapport de pouvoir désigne la dynamique d’influence, de domination ou de contrôle entre différents acteurs, que ce soit dans un contexte social, politique, économique ou organisationnel.
- Éducation populaire : L’éducation populaire désigne un ensemble de pratiques éducatives qui visent à favoriser l’émancipation, la réflexion critique et la participation active des citoyens et citoyennes dans la société. Elle s’inscrit dans une démarche d’apprentissage informelle et collective, souvent en dehors des structures scolaires traditionnelles.
- Elu.es et agent.es du territoire : Les élu.e.s représentent les citoyens et citoyennes au sein des institutions de la collectivité (communes, départements, régions). Ils prennent des décisions en leur nom. Les agent.e.s, qui sont des fonctionnaires ou des agents contractuels, mettent en œuvre les décisions prises par les élu.e.s. Ils assurent le fonctionnement quotidien des services publics locaux.
