Les mobilités sont politiques ! Pour que le SMMAG devienne un espace de co-décision loin de sa dérive technocratique actuelle

Un manque de transparence démocratique et de politisation de la Métropole et du SMMAG (Syndicat Mixte des Mobilités de l’Aire Grenobloise)

Comme le souligne le chercheur Tommaso Germain dans The Conversation France :

“à l’exception de Lyon, les membres des conseils des métropoles sont élus indirectement, à travers les élections municipales. Ce problème démocratique n’est pas suffisamment pris en compte dans le débat public.
[…]
Longtemps, la dimension intercommunale des élections a été totalement mise de côté. Ce système favorisait une certaine opacité, puisque les décisions importantes n’étaient pas tranchées devant les électeurs. Les sociologues parlaient de « démocratie confisquée » par cette opacité. Tandis que la loi instituait les métropoles, la politisation de ces élections est restée faible, “

A Grenoble, on observe de manière criante ce manque de politisation de l’échelon métropolitain (et à fortiori du SMMAG). Le président de la Métropole, Guillaume Lissy, a été élu par les voix de la gauche et de la droite, excepté les voix insoumises.
Plus récemment, le président du SMMAG, Sylvain Laval, a été réélu avec les voix de la droite et de la gauche (excepté une nouvelle fois le vote insoumis) avec un manque de transparence délétère pour le débat local, la retransmission en directe de son élection a été supprimée et des journalistes locaux ont été empêchés de suivre les débats.

Dans ce contexte, on peut se demander pourquoi Sylvain Laval a été renommé à la tête du SMMAG alors qu’il s’oppose à toute forme de gratuité des transports en commun défendue pourtant dans le programme de Mme Ruffin ?

Cela nous alerte, car les compétences de la Métropole et du SMMAG sont essentielles pour répondre aux besoins des habitants et habitantes et les postes ne peuvent faire l’objet d’accords d’appareils derrière des portes closes. 

Nous avons ici voulu nous intéresser spécifiquement à la politique mobilité comme un exemple criant d’un problème plus large.

Les mobilités, un sujet politique qui mérite un débat public basé sur la co-décision

Comme nous le défendions dans notre programme, il est indispensable, pour garantir le droit à la mobilité, d’organiser une assemblée citoyenne décisionnaire à l’échelle du SMMAG qui décide des projets structurants de transports (prolongement du tram, gratuité des transports, …).  Les projets de développement des transports en commun et des mobilités actives sont des investissements majeurs qui façonnent notre territoire et engagent les finances de la collectivité. Le choix par exemple de développer le métro câble (dont nous avons pointé les nombreuses limites dans notre bilan des deux derniers mandats), ne peut être le choix d’un président du SMMAG qui décide seul ou en petit comité dans sa tour d’ivoire.

Malheureusement la volonté d’Allan Brunon de vouloir prendre la présidence de MTAG (confiée depuis à la socialiste Laura Siefert) pour mettre en place la gratuité des transports n’y changera rien. Ce n’est pas à l’échelle de MTAG que cela se décide mais à l’échelle du SMMAG. Ce dont nous avons besoin c’est d’impliquer les habitants et habitantes comme co-décisionnaires des choix structurants car ils et elles sont les usager.es qui en bénéficieront ! 

Alors Sylvain Laval et Guillaume Lissy, ferez vous confiance aux habitants et habitantes ou continuerez vous de décider sans elles et eux ?

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