Suite aux mobilisations lycéennes et étudiantes depuis le début du mois d’Octobre, on pointe à juste titre la dérive autoritaire de l’Etat sous Emmanuel Macron. Dans ce texte, nous voulons aussi pousser la ville de Grenoble à se mobiliser sur d’autres violences, celles commises par un Etat autoritaire, l’Etat d’Israël en Palestine.
Plusieurs ONG et institutions internationales estiment que les actes en cours depuis octobre 2023 relèvent d’une situation de génocide au sens de la Convention de 1948. Mais les exactions de l’Etat israélien ne se limitent pas à la bande de Gaza.
Tout récemment, le lundi 26 octobre 2026, Une commission d’enquête internationale mandatée par l’Organisation des Nations unies (ONU) documente dans son rapport que « les autorités et les forces israéliennes ont commis en Cisjordanie des crimes contre l’humanité d’extermination, de torture, de viol et d’autres formes de violence sexuelle, ainsi que de persécution, fondés sur des motifs discriminatoires qui se recoupent, au cœur desquels figurent la nationalité, la race et l’appartenance ethnique ».
Comment la ville de Grenoble peut se mobiliser ?
Durant la campagne municipale, le Grenoble Alpes Collectif avait construit avec le collectif BDS France (et l’avis d’Emergence Populaire 38) une charte de soutien au peuple palestinien avec des engagements précis pour que notre ville devienne un Espace Sans Apartheid.
Aucune autre liste n’avait souhaité s’associer à cette démarche pendant la campagne, pas même la liste écologiste ou la liste insoumise. Nous nous adressons donc aujourd’hui à Madame Ruffin par ce texte : Madame la maire accepterez vous de faire de Grenoble la première ville Espace Sans Apartheid pour lutter contre les violences de l’Etat israélien en Palestine ?
Voici la charte :
Charte de soutien au peuple palestinien
Pour une ville solidaire, engagée contre l’apartheid* et pour la justice
Préambule
Depuis 1948, le peuple palestinien subit un processus continu de colonisation, d’occupation militaire et d’expulsion forcée, mené par l’État d’Israël. De nombreux rapports d’organisations internationales de défense des droits humains – telles que Human Rights Watch, Amnesty International et les rapporteurs de l’ONU – ont établi que le régime israélien constitue un régime d’apartheid, au sens du droit international.
Depuis le 8 octobre 2023, les bombardements, blocus et attaques ciblées contre la population civile de Gaza ont fait franchir un nouveau seuil de violence. Plusieurs ONG, experts en droit international et chercheurs spécialistes des génocides estiment que les actes en cours relèvent du crime de génocide au sens de la Convention de 1948. Depuis août 2025, les institutions onusiennes parlent d’une situation de famine à Gaza.
Face à cette situation, nous, associations, collectifs, partis politiques, citoyen·nes et structures locales, affirmons notre engagement en solidarité avec le peuple palestinien et dans la lutte contre toutes les formes de racisme, de colonialisme et de domination.
Engagements des signataires
- Lutter avec la même détermination contre l’islamophobie, l’antisémitisme, le racisme et toutes les formes de discriminations.
- Soutenir la campagne Espace Sans Apartheid (ESA), portée par BDS France.
- Défendre le droit à l’autodétermination des peuples, notamment celui du peuple palestinien.
- Favoriser les circuits de consommation éthiques sans produits issus de territoires colonisés, en privilégiant les structures locales reconnues comme Espaces Sans Apartheid.
Revendications adressées à la Ville de Grenoble
Nous appelons la Ville de Grenoble à s’engager pleinement dans une politique municipale de solidarité avec le peuple palestinien, en rejoignant le réseau des Espaces Sans Apartheid (déjà plus de 250 en Europe). Cet engagement implique notamment :
1. Engagement politique et institutionnel
- Reconnaître et condamner officiellement la colonisation, le régime d’apartheid imposé au peuple palestinien, et la situation de génocide en cours à Gaza ainsi que les violences commises en Cisjordanie.
- Reconnaître le droit au retour des réfugié·es palestinien·nes, conformément à la résolution 194 (1948) de l’ONU.
- Maintenir la suspension du jumelage entre Grenoble et la ville de Rehovot (Israël)
- Adopter un protocole d’accueil équitable pour toutes les délégations internationales, y compris celles d’Etats observateurs aux Nations Unies comme les palestinien.nes.
La suspension du jumelage avec la ville israélienne de Rehovot (et non son annulation) fait débat. La France Insoumise demande son annulation. Au sein du Grenoble Alpes Collectif, nous pensons que c’est un enjeu mineur qui ne changera rien car le jumelage est déjà suspendu, il n’y a donc aucun lien entre la ville de Grenoble et la ville de Rehovot. Plutôt que de se focaliser sur ce jumelage, nous proposons des changements significatifs avec l’Espace Sans Apartheid porté par BDS France.
2. Engagement économique
- Exclure des marchés municipaux les produits issus des colonies israéliennes illégales.
- Soutenir la campagne de boycott ciblé de BDS France : www.bdsfrance.org/que-boycotter
- Encourager les entreprises locales à insérer une clause de conscience dans leurs contrats en cas de violation du droit international.
3. Engagement culturel, académique et social
- Favoriser les échanges culturels, sportifs et académiques avec la société civile palestinienne.
- Refuser toute coopération institutionnelle avec les entités israéliennes qui participent à l’apartheid sauf si ces institutions reviennent sur leur soutien à la politique d’apartheid.
- Rejoindre le réseau des villes sanctuaires, et garantir un accueil inconditionnel aux exilé·es palestinien·nes.
Portée de la charte
Cette charte est une initiative portée par :
- BDS France
- Grenoble Alpes Collectif
Définitions
Apartheid : L’apartheid est un système d’oppression et de domination d’un groupe racial sur un autre, institutionnalisé à travers des lois, des politiques et des pratiques discriminatoires. (Amnesty International)
Génocide : Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
(a) Meurtre de membres du groupe ;
(b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
(c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
(d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
(e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe
Définition de l’Organisation des Nations Unies.
Islamophobie : L’islamophobie se définit par la peur, les préjugés et la haine envers les musulmans. Ces phénomènes peuvent conduire à la provocation, à l’hostilité et à l’intolérance, qui se manifestent par le biais de menaces, de harcèlement, d’abus et d’intimidation envers des musulmans et des non-musulmans, à la fois dans le monde en ligne et hors ligne. Motivée par une hostilité institutionnelle, idéologique, politique et religieuse qui peut se transformer en racisme structurel et culturel, l’islamophobie cible les symboles et les pratiquants de la religion musulmane. Définition de l’Organisation des Nations Unies.
Antisémitisme : Selon la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) de 2016, il s’agit « d’une certaine perception des juifs, pouvant s’exprimer par de la haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées contre des individus juifs ou non-juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et contre les institutions religieuses juives. »
Discriminations : La discrimination est un délit qui consiste à traiter défavorablement une personne en s’appuyant sur un motif interdit par la loi (exemple : l’origine, l’orientation sexuelle, etc.). Définition de l’Etat français.
Cet article a été rédigé sans recours à l’intelligence artificielle


